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Il est désormais établi que les politiciens ont toute leur place dans les émissions de télé de divertissement.
C’est ainsi qu’on peut voir à la même table un chanteur, une actrice, un sportif, une pute du show bizness et un politicien. Lequel vient vendre sa propagande comme d’autres leur promo pour un film
ou un disque.
La politique, devenue produit marketing, est désormais vide de sens et de contenu.
Seuls comptent les slogans, les gimmicks, maquillés de reliquats d’idéologie.

De la même manière, les Lois se font désormais au journal de 20h : en fonction du degré d’émotion et de l’intérêt suscité par tel ou tel événement –mis à la Une par la seule volonté d’un Directeur d’Information – on sonde l’opinion comme on analyse une part de marché et on donne au bon peuple ce qu’il réclame- du moins le croît-il. Derrière les faits divers, les faits réels ne comptent plus.

De ce monde d’images sont bannies les notions de moralité et d’équité. Oh, bien sûr, on s’indigne volontiers devant telle ou telle provocation, buzz oblige, mais on se bat pour inviter sur son plateau des ordures notoires pourvu qu’elles fassent de l’audimat : Joey STAR, Sami NACERY, Bertrand CANTAT, Paul Loup SULITZER, etc … tous connus et condamnés, qui pour des voies de fait, qui pour des violences, ou escroqueries… mais érigés en modèles, en icônes, en vedettes ! Il en est donc de même pour les politiciens devenus « people » : condamnés pour corruption ? menteurs reconnus ? traîtres ? pour peu qu’ils « passent bien à la télé », on les invite à loisir et on déroule le tapis rouge.
                    Honneur aux véreux ! Gloire aux pourris !

Initialement, on attendait des journalistes qu’ils interrogent les politiciens avec pertinence, voire pugnacité. Avec la présence de ceux-ci dans les émissions de divertissement, c’est tous les jours une tribune offerte. Pour l’homme politique, ainsi débarassé de tout contradicteur et du carcan de l’austérité journalistique, c’est le moyen rêvé pour vendre son image, seul moyen désormais que le brave con de téléspectateur se souvienne de lui une fois dans l’isoloir. Il n’est plus du tout question d’informer : c’est l’ère de la propagande commerciale.
Dans ce jeu, tous ne sont pas égaux : qui n’a pas travaillé son image ou n’appartient pas à un puissant parti ne se verra pas servi la soupe avec autant de déférence – voire ne sera pas invité du tout. Avoir des idées, mais être privé d’image, c’est être condamné à ne pas exister.

A titre d'exemple, les règlements du CSA sur l’égalité du temps de paroles apparaissent ainsi dans les faits comme une farce : la Loi ne fait pas le poids face à la logique médiatique.
L’information ainsi supplantée par le divertissement, c'est la démocratie qui apparaît alors elle-même comme une farce.

Et le peuple, passif dans l’apathie de ce confort, gavé d’images, manipulé et béat, n’a jamais autant mérité le nom de troupeau !
 
 
 
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